La réglementation du laser en spectacle vient d’être entièrement revue. Un nouvel arrêté, publié le 18 juin 2026, réécrit les règles de sécurité encadrant l’utilisation des machines à effets laser dans les établissements recevant du public (ERP). Concerts, festivals, spectacles: cette nouvelle réglementation du laser en spectacle concerne directement les régisseurs lumière, régisseurs vidéo, régisseurs polyvalents, régisseurs généraux : tous les professionnels qui conçoivent ou exploitent des effets laser en spectacle vivant. Voici ce qu’il faut en retenir.
L’arrêté du 18 juin 2026 modifie celui du 11 décembre 2009, qui complète le règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les ERP. Concrètement, il remplace intégralement le chapitre 4 de l’instruction technique consacré aux machines à effets laser.
Ce chapitre encadrait déjà l’usage des lasers de spectacle depuis plusieurs années. Mais le texte précédent datait : les normes techniques de référence ont évolué, les classes de risque méritaient d’être clarifiées, et les usages en extérieur (festivals, spectacles en plein air) nécessitaient un encadrement plus précis.
Un laser (acronyme de Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation) produit ou amplifie un rayonnement lumineux concentré sur une très petite surface. Cette concentration fait tout le danger. Au-delà du risque d’incendie ou de brûlure lié à certains appareils puissants, le risque principal touche les yeux, en cas d’exposition directe ou de réflexion non maîtrisée du faisceau.
L’arrêté distingue deux types de risques :
Le texte reprend la classification normative des appareils à laser (normes NF EN 60825-1 : 2014 et NF EN 60825-1/A11 : 2021), du moins risqué au plus dangereux :
1, 1M, 1C, 2, 2M : Sans danger en conditions normales d’utilisation en spectacle. Risque d’éblouissement possible pour les classes 2 et 2M (attention aux conducteurs à proximité).
3R : Peut dépasser l’exposition maximale permise (EMP) en vision directe, mais avec un risque de lésion globalement faible.
3B : Dangereux en cas d’exposition oculaire directe dans le faisceau, y compris accidentelle et de courte durée.
4 : Dangereux pour la vision directe et pour la vision de réflexions diffuses.
Seuls les lasers émettant dans le domaine visible (400 à 700 nanomètres) peuvent être utilisés pour créer des effets en présence du public. La classe de l’appareil doit obligatoirement être indiquée sur le matériel.
Les classes 1, 1M, 1C, 2, 2M et 3R peuvent fonctionner directement dans les zones où se trouve le public. Une seule condition : personne ne doit subir un rayonnement supérieur à l’EMP. En pratique, il faut vérifier que personne ne se trouve dans la zone définie par la distance nominale de risque oculaire (DNRO), la distance à partir de laquelle le rayonnement redevient inférieur à l’EMP.
Petit point important pour les régisseurs qui travaillent avec des artistes : la réglementation considère ces derniers, par défaut, comme du personnel non formé. Ils ne peuvent entrer dans la zone de risque que s’ils ont suivi une formation spécifique. Une vigilance particulière s’impose aussi sur leurs tenues et accessoires, pour éviter les réflexions accidentelles.
Ces lasers, plus puissants, peuvent fonctionner en présence du public, mais sous des conditions renforcées :
C’est l’un des apports les plus structurants de ce nouvel arrêté : un cadre dédié aux tirs laser en extérieur, pensé pour les festivals et spectacles en plein air.
L’organisateur doit vérifier qu’aucune cible extérieure au spectacle, passant, immeuble, etc, ne dépasse l’EMP. Les tirs doivent aussi respecter un cône vertical de 30° de demi-angle, et viser une cible fixe, opaque et non réfléchissante au-delà de cet angle.
Autre nouveauté : le dossier de demande d’autorisation intègre désormais des éléments d’évaluation du risque aérien. Il faut fournir les coordonnées GPS du point d’émission, son altitude, l’azimut et l’angle maximal d’émission. Selon la zone géographique choisie, le préfet pourra solliciter l’avis des autorités aéronautiques ou maritimes, si les tirs traversent l’espace aérien ou maritime navigable.
Tout laser de classe 3B ou 4 nécessite un dossier d’autorisation, soumis à l’avis conforme de la commission de sécurité compétente (article GN 6 du règlement de sécurité ERP). Ce dossier comprend notamment :
Un technicien compétent, formé aux risques spécifiques des lasers utilisés, doit aussi rester présent pendant toute l’animation. Il doit pouvoir arrêter l’appareil immédiatement en cas de besoin.
Pour les régisseurs lumière, régisseurs généraux et directeurs techniques, cette nouvelle réglementation du laser en spectacle a une conséquence directe. La conformité d’un effet laser ne se limite plus au matériel : elle englobe tout le dispositif d’exploitation / formation des artistes exposés, zone de sécurité, dossier d’autorisation, présence d’un responsable sécurité laser formé. Mieux vaut donc anticiper ces démarches dès la préparation de l’événement, plutôt qu’au moment du montage.
Pour en savoir plus, consultez le site LegiFrance.
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