Régisseur général : interview Kristopher MADZIARA
Publié le 30 juillet 2021, modifié le 2 novembre 2021

Temps de lecture : ~ 12 minutes

 

 

Les anciens du GRIM : Interview Kristopher MADZIARA, Régisseur général

 

 

Bonjour Kristopher, est-ce que tu peux te présenter ?

 

Je m’appelle Kristopher, je suis régisseur général / directeur technique. Je mets ça ensemble parce que généralement ce sont des métiers très proches, et on est souvent amené à passer de l’un à l’autre en fonction des missions. Alors évidemment, ces métiers sont différents : un directeur technique reste un directeur technique, et un régie G reste un régie G. Mais on retrouve des similitudes dans certaines petites missions.

 

 

Comment est-ce que tu définirais « Régisseur général » ?

 

J’aime bien le terme de chef d’orchestre quand on parle d’évènement. Péjorativement, on a l’impression que le régie G ne fiche pas grand-chose parce qu’il ne porte pas, il n’est pas en face de la console. Mais je m’occupe un peu de tout, j’ai une vision périphérique. J’organise, j’optimise, et je prépare tout ce qui est chantier, arrivée, départ etc… Ça c’est le travail qu’on peut voir sur le terrain. Et il y également une grande phase de préparation en amont, qui représente 80% du travail. Tu ajoutes 10% du travail en exploitation, où il suffit de lire le déroulé et de contrôler que tout se passe bien (si la préparation en amont a bien été faite). Et les 10% restants c’est la phase de démontage d’évènement avec tout ce qui est debrief, et si besoin un petit dossier de passation pour « l’après ».

 

Voilà pour faire court : le régisseur général c’est le chef d’orchestre qui travaille de pair avec l’organisateur. L’organisateur choisit un événement, et il demande à un régisseur général de le mettre en place techniquement. Ce n’est pas lui qui programme, ce n’est pas lui qui va choisir quel artiste il veut jouer ou ce qu’il va se passer, mais il prend les informations auprès de l’organisateur / du commanditaire et met tout en place techniquement : « Ok tu veux prendre tel artiste, donc ça va demander tel matos, avec telle scène, avec telle sécu… ». Je fais d’interminables réunions de sécurité aussi, avec des dossiers, des plans etc…

 

J’ai quelques barrières quand même : le budget et la sécurité. Justement c’est un peu le point de conflit entre le domaine artistique et le domaine technique : quand tu as un artiste qui veut mettre un cracheur de feu sur scène par exemple, on doit lui dire non car on se doit de faire respecter les règles de sécurité pour l’évènement.

 

 

Une anecdote à raconter ?

 

Oui, je peux te parler de l’évènement « Saint-Nicolas » qui est programmé fin décembre à Metz. On avait transformé un temple protestant en salle de spectacle pendant 4 jours, pour accueillir une petite projection. Il y avait également un synthé, un violoncelle qui jouait sous la projection, et des flammes (installées par la compagnie Carabosse) à côté du temple.

 

Le problème c’est que les artistes, 2 minutes avant d’ouvrir les portes, ont allumé plein de bougie autour d’eux. Et ça je leur ai dit que ce n’était pas possible. Il y a un public donc c’est interdit. Du coup grosse tension avant d’ouvrir les portes parce qu’ils ne voulaient pas enlever les bougies. Ça faisait partie du show selon eux. Mais là on était dans un bâtiment, avec des gens donc des contraintes.

 

Un artiste quand il fait quelque chose ce n’est pas pour t’embêter, c’est pour son show. Et moi ce n’est pas pour l’embêter non plus, c’est juste que la loi me dit que je n’ai pas le droit de faire ça.

 

Concrètement, tu es là pour cadrer l’évènement et voir ce qu’il est possible de faire en respectant la loi, la technique et la sécurité ?

 

Exactement. On est les garants d’une certaine sécurité vis-à-vis du public, la sécurité incendie, la sécurité tout court… On est amené à rendre des comptes s’il y a un problème, moi plus qu’un autre d’ailleurs. Le régisseur général, c’est celui qui est responsable de l’évènement. Ce n’est pas l’artiste, ni le chargé de prod. On est garant de la sécurité même au niveau des travailleurs : si j’embauche des intermittents qui me montent une scène et que l’un d’eux n’a pas de casque, c’est pour ma pomme, pas pour son chef. S’il y a une blessure c’est de ma faute.

 

C’est pour ça qu’il y a certains clichés sur les régies G. On dit souvent « toute façons le régie G il dit toujours NON et il râle ». Mais bon j’accepte ce cliché si derrière ça se passe bien.

 

 

Comment distingue-t-on le métier de régisseur technique à celui de régisseur général malgré leurs similitudes ?

 

En général, un directeur technique ne va pas trop sur le terrain. Il va faire beaucoup plus de préparation. Ça dépend dans quel milieu il est, mais pour un festival par exemple, il s’occupe de toute la partie administratif, technique et sécurité en amont.
« Est-ce qu’on peut faire venir des flammes dans ce bâtiment-là ? » « Oui c’est possible à condition que… ».

 

Le régisseur général lui reçoit le dossier technique pour mettre en place ce que le directeur technique a préconisé. « Ok, moi je demande à ce qu’il y ait 22 extincteurs sur le site, à toi d’identifier quel type d’extincteur et où est-ce qu’on les met ». Bon c’est un exemple bidon mais ça illustre assez bien la chose.

 

Le régie G lui est plus sur le terrain, pour mettre en place ce qui a été préconisé. Ils travaillent ensemble parce que souvent, le Régie G devient directeur technique par la suite. Je ne dis pas que le directeur technique reste dans son bureau, mais il est moins sur le terrain. Il s’occupe plus de la salle de spectacle en général. S’il faut de la peinture, de la maintenance, des contrôles périodiques, c’est le DT qui s’en charge. Le Régie G est lié à l’évènement, et le DT est lié au bâtiment.

 

 

Comment t’es-tu intéressé au monde du spectacle ?

 

Comme beaucoup j’imagine, je faisais de la musique, de la batterie depuis tout petit. Donc j’ai toujours trainé dans des concerts, que ce soit pour regarder ou pour jouer. J’étais déjà très habitué à ce milieu. Et à un moment donné on avait une association étudiante (Diffu’son) qui devait animer un campus. Comme j’avais un peu de temps libre, je me suis dit « Ça parle de musique, pourquoi pas l’intégrer ? ». Ils proposaient plusieurs postes : programmation, technique, chargé de prod etc… Et moi j’ai pris ce qui m’intéressait le plus : la technique. J’ai découvert le milieu comme ça. Petite expérience sympa, et après je me suis dit « tiens c’est plutôt cool la technique, je vais faire ça enfaite ».

 

Donc j’ai refait des études derrière, et effectivement ça me plaisait beaucoup. Pourtant j’étais pas du tout parti là-dessus puisque j’avais une formation en mécanique industriel à la base : moteurs, vérins hydrauliques etc… Mais je ne trouvais pas de boulot et le côté métro boulot dodo ne me plaisait pas du tout. Du coup j’ai bossé au Macdo tout en étant bénévole à coté dans l’association étudiante.

 

J’ai décidé de refaire des études, je repasse en Licence 1 avec des jeunes qui sortent du BAC, donc faut se réintégrer à ça. Ensuite je suis directement passé en BAC + 3 en APAMA (Assistant de Production Administration Musiques Actuelles). Aucune technique pour l’instant car ça n’existait pas forcément à ce moment-là. L’administration c’était surtout l’occasion pour moi de mettre un pied dans le secteur et me permettre de bosser dans les salles de spectacles. Dans cette formation, il y avait un stage obligatoire de 3 mois, que j’ai fait dans une salle à Metz. Quand j’ai présenté mon CV au directeur il m’a dit « cool, tu as un profil polyvalent avec un côté projet, et un bagage technique en tant que bénévole ». J’ai fait mon stage avec eux, mais ils ne pouvaient pas m’embaucher parce que c’était une association qui venait d’être créée, avec peu de moyens et surtout pas assez d’évènements. Le directeur m’a dit que c’était compliqué de m’embaucher pour que je fasse 5 jours de travail et les 25 jours restants à rien faire, donc il m’a proposé un poste en tant qu’intermittent du spectacle. Ça m’a fait très peur au début, parce que ce titre fait directement penser à « insécurité de travail ». Mais bon je n’avais pas trop le choix et le lieu me plaisait beaucoup : il y avait tout à faire et à construire.

 

J’ai pris beaucoup d’expérience en technique et en tant que régisseur général, qui était plus un titre qu’une qualification à ce moment-là car je n’avais pas la formation pour. Demain si tu fais un projet on va t’appeler Chef de projet. C’était exactement ce qu’il s’est passé à l’époque. J’ai continué et je me suis formé ensuite au GRIM.

 

 

Quel est ton parcours scolaire ?

 

Alors j’ai fait un BAC STI (Science de l’ingénieur), puis un BTS Conception de produit industriel, où j’ai beaucoup bossé sur des plans 3D de moteurs de pièces et des conceptions de plans. Après j’ai fait une licence Hydraulique Industriel et Commandes Associés, dans la même continuité : conception de schéma de plan & schéma électrique. Grâce à ça j’ai pu avoir de solides compétences en conception de plan 3D. Effectivement, quand je bosse maintenant en tant régie G j’ai besoin de faire des plans. Et plus récemment j’ai suivi la formation Régisseur général au GRIM.

 

 

Comment est-ce que tu t’es formé à la régie générale avant cela ?

 

Beaucoup d’autoformation, c’est mon directeur de site qui a une belle expérience dans le milieu qui m’a aidé. En plus de ça j’avais beaucoup de bouquins, sur les règles & lois dans un ERP : feu, incendie, extinction, désenfumage, évacuation…

 

J’aime beaucoup regarder ce qu’il se passe dans les concerts. Avant, je venais pour voir comment ils travaillaient, avec quels logiciels, en posant des questions. J’ai beaucoup appris en faisant des erreurs d’ailleurs. Donc sur le terrain et dans des livres.

 

Une critique que je peux faire c’est qu’il manque vraiment un parcours Régisseur général en France. Il y a peut-être 2 ou 3 formations grand maximum, et pourtant c’est un métier qui demande vraiment d’être formé sur plein d’aspects, surtout la sécurité. Le Grim est une très bonne école pour ça.

 

 

Est-ce qu’il est nécessaire de se former régulièrement selon toi ?

 

Alors je dirai oui, et c’est même une obligation. C’est un milieu qui change très souvent, notamment parce qu’on est soumis aux lois des différents gouvernements et ministres. Il y a tellement d’évolutions qu’il faut impérativement se maintenir au courant et se former. C’est un devoir, il faut toujours être en veille.

 

Donc oui j’ai fait des formations SST, PSC1, incendie, électrique (BR BS BC…), et une formation sur nacelle, mais c’est plus pour dépanner. Par exemple je ne vais pas câbler une armoire électrique demain dans mon métier, mais ça me permet de connaitre les difficultés que la personne va rencontrer, ce qu’il faut prendre comme équipement de sécurité, et parler le même langage que la personne en charge. Ça m’arrive d’aider en nacelle quand personne n’est disponible.

 

 

Quel est ton parcours professionnel ?

 

J’ai commencé par l’association étudiante comme je te le disais. Pendant mon stage, j’ai très vite été considéré comme un employé, et j’ai pu faire beaucoup d’évènements, de spectacles, et un gros concert au bout de 3 mois sans même avoir eu de formation. Suite à cela j’ai continué de bosser dans la ville de Metz, et une fois que tu mets un pied dedans c’est bon en fait. Tout marche par le réseau et le bouche à oreille, on s’en fiche de ton CV. C’est pour ça qu’au début il faut dire oui à tout, pour avoir le plus de contact possible. Il y a vraiment cette histoire de « famille ».

 

On fait un évènement en ce moment à Metz qui s’appelle « Constellation » (festival international d’arts numériques), où on a environs 8 / 9 régisseurs bénévoles qui travaillent dessus tous les soirs pour allumer les œuvres, les éteindre, et les exploiter. Ça ne se limite pas à : venir, allumer, et se casser. C’est : on vient, on allume, après on boit un coup, puis un repas… Et ça c’est tous les jours, parce qu’on s’entend tous très bien. On mange toujours chez les uns, chez les autres etc… Il y a vraiment ce côté famille, on n’est pas des machines bonnes pour le métro boulot dodo. Donc forcément après on s’appelle pour prendre des nouvelles « Salut comment ça va ? Bah écoutes super, t’es dispo pour telle date j’ai du travail pour toi… » « oui d’accord ok », et le réseau marche comme ça quoi.

 

 

Donc le côté humain est important dans ton métier. Est-ce qu’il faut nécessairement cette qualité là pour être un bon régisseur général ?

 

Oui (rires). Bien sûr la réponse est oui. Quand tu es régisseur général, il faut savoir prendre sur toi. Il ne faut pas que tu sois énervé, et savoir dire « Ok, on a du retard, mais maintenant il ne faut pas que ça s’aggrave ». Il ne faut pas oublier que les personnes qui montent sur scène sont peut-être de gros artistes, mais ce sont avant tout des personnes. Parfois cette personne peut être mal luné, avoir du retard, perdre confiance ou ne pas vouloir monter sur scène… Donc il faut assurer derrière sans s’énerver pour gérer le problème. Il faut surtout comprendre l’artiste et gérer le stress. Parce que dans un milieu comme ça, quand il y a 6 000 personnes et que le mec responsable est en panique, il va y avoir des répercussions sur l’ensemble de l’équipe derrière. Le Régie G est une clé de voute. Donc il faut gérer le côté humain, en étant calme et le plus claire possible. Tout passe par le dialogue. En face de nous ce n’est pas forcément quelqu’un du métier, donc il faut s’adapter. Et c’est ce qui rend le métier intéressant d’ailleurs, tu rencontres des personnes formidables.

 

 

Qu’est-ce qui te fait aimer ton métier ?

 

J’étais fan de musique, et là je bosse dedans donc c’est un rêve. Je rencontre des artistes, et il n’y a aucun jour qui ne ressemble à un autre. J’ai beau faire des festivals pendant 4 ans, il n’y a jamais les mêmes personnes, les mêmes artistes. Donc il y a ce côté de « renouveau » à chaque fois. Ça peut être un inconvénient pour certains ce manque de stabilité, mais il faut aimer cet aspect là pour être Régisseur général.

 

C’est sûr, parfois c’est compliqué, et on ne gagne pas beaucoup d’argent. Ça c’est ce qu’on va souvent te dire d’ailleurs. Ma prof me disait « si tu veux avoir de l’argent tu ne bosses pas dans la culture, tu fais médecin ou avocat c’est très bien. La culture tu recherches du bonheur ». Et effectivement, entendre des applaudissements après un concert c’est ce qui a de mieux pour moi. Quand je vois les yeux des gamins écarquillés quand on fait Constellation à Metz, et bah c’est génial, c’est ma récompense. Je donne du plaisir aux gens, je ne suis pas artiste hein, je reste à ma place, mais voilà quoi je trouve ça génial.

 

 

Quelles sont les qualités que doit avoir un bon régisseur général ?

 

Ponctualité, résilience, le côté self-contrôle, être organisé dans tes propos et tes idées, et un bon relationnel. Après les compétences ça s’apprend, mais il faut avoir ces qualités je pense. Il faut être un bon manager aussi, parce qu’effectivement, il y a des équipes en face de nous qu’il faut briefer.

 

 

Est-ce que tu as déjà stresser en live ?

 

Du fait qu’on est une équipe, on stresse mais on peut compter sur les copains pour ne pas partir n’importe où. Donc on se pose pour réfléchir et on ne réagit pas à chaud.

 

Une fois, je n’avais pas réservé la location de ce qu’on appelle la « structure scénique ». Les artistes m’ont dit qu’ils s’en occupaient, donc ils devaient ramener toute la structure : un pont de 12m. Finalement j’ai compris qu’ils ramenaient qu’une partie et que moi je devais ramener le reste. Donc à une semaine de l’évènement, j’ai dû me débrouiller pour trouver 8m de pont, sachant qu’il y avait un week-end et 1 jour férié. Gros coup de stress, mon directeur me met la pression, donc on a dû l’acheter, le trouver, le fabriquer sur mesure… Au final ça s’est fait et tout s’est bien passé. Maintenant j’hésites pas à poser des questions bêtes pour verrouiller chaque truc, mais au moins j’ai plus ce problème dans mes projets.

 

 

Comment est-ce que tu prépares un projet ?

 

En général, tout commence par un coup de fil de la chargée de projet qui appelle : « bonjour Kris, on a l’AG de la caisse d’Epargne dans un mois. Faut qu’on fasse un petit festival, je te mets en copie ». Une fois que le projet est validé techniquement par mes collègues, je rentre dans la boucle, et je donne un premier avis sur la faisabilité du projet.

 

Suite à ce mail il y a un rendez-vous qui se fait avec les équipes qui veulent organiser un évènement chez nous. Donc il y a le chargé de projet, la Caisse d’Epargne (pour suivre l’exemple) avec leurs équipes (communication, AG etc…), et moi. On arrive, on fait le tour de la salle, je montre un plan vierge en montrant ce que je veux faire. Ensuite on discute de manière à ce que j’obtienne toutes les informations nécessaires pour savoir sur quoi je vais partir : qui est l’artiste, le matos son / lumière / vidéo, le nombre de personnes etc…

 

Ça me permet de déterminer quelles seront nos tâches, le temps à accorder pour la mise en place du projet, comment on va s’y prendre pour la sécurité…

 

Ensuite je vais au bureau et je débrief avec ma collègue, et je fais une première version du plan d’implantation. Je demande des devis auprès des prestataires son / lumière / vidéo, pour déterminer le coût du projet. Ma collègue intègre ça dans le budget et fait une proposition au client. En général tu dois adapter certaines choses, ce qui rajoute des réunions en interne et avec le client. Si l’évènement est un peu plus gros, tu auras forcément besoin d’un dossier de sécurité, par exemple si l’artiste veut mettre du feu sur scène. Une fois que j’ai fait ça, j’ai presque fini ma partie « préparation ». Donc j’ai booké mes gars, j’ai confirmé au prestaire le nombre de Road qu’il me fallait, le montage, le type de son… Je passe les commandes, le devis est validé et c’est parti.

 

Tu arrives le jour de l’évènement le matin, je suis le premier à arriver sur le site donc je passe des nuits très courtes. T’ouvres la salle, tu la prépares, t’accueilles les équipes, tu vérifies que y ait bien toutes les équipes à l’heure et au bon nombre, que tout soit sécurisé, qu’il n’y ait pas de soucis de montage… Après le client arrive, donc il faut que tout soit déjà monté ou presque. Je fais un peu de RP auprès du client. L’équipe de sécurité arrive, l’évènement a lieu, tu démontes et tu débrief.

 

 

Quels outils utilises-tu en tant que Régisseur général ?

 

J’utilise beaucoup Excel, Autokad et Sketchup. Autokad pour scanner ton plan à l’échelle. Sketchup pour montrer quelque chose en 3D, avoir une idée des volumes etc… En 2 clics tu peux modéliser ton festival.

 

 

Quelles sont les avantages et inconvénients du métier ?

 

Un des principaux avantages c’est que tu ne vis jamais la même journée. Tu bosses avec différentes personnes chaque jour ou presque. Tu bosses dans un milieu qui est cool on ne va pas se mentir : la musique, les évènements… tu donnes du plaisir aux gens, c’est un kiff, et tu bosses dans cette ambiance-là. L’inconvénient, ça serait les horaires, mais tu l’acceptes. Si tu veux une vie rangée, effectivement, faut faire autre chose. Là pour le coup on bosse le soir, le week-end, parfois la nuit, en horaire décalée… Donc c’est compliqué à gérer, mais c’est le seul inconvénient.

 

 

Quelles sont les grandes évolutions que tu as pu observer dans ton métier ?

 

J’ai pris une grosse claque quand on a fait venir il y a 4 ans Yann Nguema, l’artiste lumière du groupe Ez3kiel. On l’a fait venir parce qu’on avait fait un appel pour le mapping de la cathédrale de Metz. Il travaille avec un logiciel qu’il a programmé pour contrôler un laser, de manière à créer des interactions en live avec la vidéo. (exemple avec le mapping « Lux Animae »)

Et en fait j’ai pris une grosse claque avec les nouveaux logiciels de vidéo-mapping : Touchdesigner, Modulo, SMODE… qui font à peu près tout.

 

En ce moment, je bosse sur un projet pour que la boucle vidéo soit générative. C’est-à-dire que sur trois jours, peu importe quand tu viens, ça ne sera jamais la même chose. La vidéo sera générée aléatoirement. Je trouve que c’est vraiment bien en termes de programmation.

 

Après effectivement, je pourrai te dire « j’ai été impressionné par le dernier laser de chez Minuit Une », oui ça reste très beau, mais ce qui est encore plus ouf c’est l’utilisation qu’on en fait. La synchronisation entre vidéo, mapping et laser, je trouve que c’est assez fou.

 


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